Management : maintenir le schéma coopératif dans la durée par la médiation

Parmi les arguments avancés pour proposer une médiation figurent la volonté ou la nécessité de maintenir une relation dans la durée. Par exemple, une médiation familiale dans le cas d’un divorce doit permettre à deux personnes précédemment mariées de maintenir un lien qui permettra pendant plusieurs années de prendre des décisions communes dans l’intérêt de l’enfant. Pour le dire autrement, la médiation permet à deux personnes traversées par un conflit ou une rupture de communication de s’efforcer de rester dans un schéma de coopération au nom d’un intérêt qui dépasse leur seule situation présente. Les parties chercheront à trouver une solution concrète et applicable.

Or dans la vie des équipes le schéma coopératif est déterminant et parfois menacé. Déterminant, car quels que soient leurs conflits, la coopération entre les acteurs est clé : échange d’informations, maintien des procédures de décision collective et de résolution de problèmes, maîtrise de la communication vis-à-vis de l’extérieur, reconnaissance des émotions, etc. Menacé, car la vie d’équipe a souvent une forte charge conflictuelle, liée notamment aux rivalités personnelles, aux dysfonctionnements de l’organisation, à la non prise en compte des besoins de chacun…Les conflits au sein des organisations sont d’ailleurs normaux, il ne s’agit pas de les éradiquer mais bien plutôt de se demander comment faire pour qu’il n’entravent pas la nécessité de coopérer.

Ainsi, une organisation qui veut maintenir un schéma coopératif, notamment quand elle fait face à des crises, a intérêt à développer la médiation. En faisant appel à un médiateur pour aider à gérer les conflits du quotidien. Mais aussi en utilisant la médiation sous forme d’exercice de formation, pour s’entraîner à éprouver mentalement la cohabitation du sentiment conflictuel et de la raison coopératrice. Le formateur veillera à ce que les cas de formation proposés favorisent le développement d’un sentiment conflictuel et la nécessité d’une coopération (la diplomatie donne des exemples très concrets de cette cohabitation difficile). On ajoute que la médiation développe des valeurs communes bénéfiques pour la cohésion du groupe et la coopération en son sein. En médiation, chaque participant éprouve l’importance de ce qu’est la confidentialité, l’équité, la neutralité, l’indépendance, l’impartialité, la liberté. Ce cadre axiologique éprouvé peut être plus vivant que les « valeurs d’entreprise » souvent conçues par les directions de la communication et des ressources humaines et qui ne sont pas toujours intégrées concrètement aux opérations de l’organisation.

Actions à mener :

  • Développer des cas pratiques de formation développant la capacité des équipes à maintenir et développer le schéma coopératif en situation de crises ;
  • Démontrer les risques liés à l’absence de coopération ;
  • Intégrer les valeurs de la médiation aux valeurs de l’organisation ;
  • Réunir en formation les personnes amenées à coopérer en situation de crises ;
  • Promouvoir la médiation pour la résolution des conflits.


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